Nathalie Mayer

Nathalie Mayer

Journaliste

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Plus de 20 ans désormais que j’écris pour vous et l’envie n’a en rien faibli. Peut-être parce qu’elle est inscrite en moi. Et qu’elle va au-delà de la simple, mais certainement indispensable, mission de vulgarisation. Venez, je vous raconte…

Quand on me pose la question, je suis parfois tentée de répondre comme les autres. Que ce qui m’anime, c’est de communiquer les résultats de la science. De diffuser la connaissance. Parce qu’il est vrai que notre monde en a sans doute plus que jamais besoin. Et que l’ambition est noble. Cela ne fait aucun doute. D’ailleurs, dans ma démarche, il y a évidemment de ça. Mais la réalité, c’est que ce qui a orienté mon choix pour le métier de journaliste scientifique, c’est l’envie de raconter des histoires. Des histoires parfois incroyables, mais toujours vraies. L’idée, aussi, qu’en lisant ces histoires, vous pourriez être amusés, séduits, choqués, émus, émerveillés ou encore excités.

Les racines d’une passion

Parmi les histoires que j’ai toujours aimé raconter, il y a celles qui font rêver. Un peu comme celles que me lisait sans fin ma grand-mère. Quand la chaleur de sa voix venait adoucir les rigueurs de l’hiver. Un peu aussi comme celles qu’imaginait pour moi mon grand-père. Les soirs d’été, quand la pleine Lune illuminait le jardin. Je n’étais alors encore qu’une petite fille sage. Depuis, le monde a beaucoup changé. Moi aussi. Des études scientifiques m’ont appris la rigueur. Mais lorsqu’il s’agit de vous emporter avec moi dans l’immensité de cet Univers un peu fou qui est le nôtre, je m’assure de toujours y mettre au moins un zeste de la douceur de ma grand-mère et juste ce qu’il faut de l’enthousiasme de mon grand-père. Les  lointaines. Les trous noirs. Les  qui pourraient abriter des formes de vie inconnues. Le sujet s’y prête plutôt bien, il faut l’avouer.

Terre, ma tendre conquête

Mais l’exercice devient plus difficile — et peut-être même, de plus en plus difficile — lorsqu’il s’agit pour moi de vous raconter ces histoires qui nous touchent de bien plus près. Celles de notre « Pale Blue Dot ». Comprenez, de notre « point bleu pâle ». Cette planète dont Voyager nous a renvoyé une image saisissante, un jour de février 1990. La seule sur laquelle nous pouvons compter. Notre Planète. Entre elle et moi, ça n’a pas été le coup de foudre. Je dirais plutôt que notre histoire d’amour s’est construite au fil des années. Et qu’elle ne fait que se renforcer avec le temps qui passe. Je suis une enfant de la campagne et j’ai toujours vécu avec la nature. Alors, peut-être qu’elle m’a longtemps semblé trop proche de moi pour être intéressante. Et aujourd’hui, je me rends compte à quel point je me trompais. Car les histoires que notre Terre a à nous raconter sont fascinantes. À plus d’un titre. Ce que j’aime surtout, c’est leur complexité. Elles mêlent tant de points de vue et d’intérêts. Parfois contradictoires. Voilà ce qui me passionne désormais. Partager des histoires qui font réfléchir. Celles qui posent des questions dont les réponses ne sont jamais aussi simples qu’elles n’y paraissent. Des histoires d’, de pollution, de climat, de biodiversité. De tout ce qui, finalement, rend notre vie sur notre seule et unique planète si palpitante.