Qui suis-je ?

Mon métier, chemin faisant vers l’histoire du climat

Alain Gioda par Kristine Gujda de l'UMR Hydrosciences
Alain Gioda. Cliché : Kristine Gujda de l’UMR Hydrosciences

C’est une spécialisation que j’ai acquise en autodidacte avec la complicité de nombreux Collègues. En fait, plus précisément, c’est un domaine qui correspond à un triangle dont un premier côté serait les sciences de l’eau ou l’hydrologie, le second, l’histoire et le dernier, l’écologie. Il fait donc la part belle aux techniques traditionnelles respectueuses du développement durable et j’ai essayé à l’IRD aussi de valoriser en coopération le travail de mes partenaires du Tiers Monde (maintenant appelé le Sud ou les Suds), qui reste encore largement sous-évalué. Au plan académique, mon expérience a abouti en 1995 à une Habilitation à diriger les recherches en géographie, délivrée par l’Université de Montpellier III. J’avais été nommé par la confédération CFE-CGC aussi membre du CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche), une charge exercée à Paris en session plénière et commission.

J’ai souvent changé de maisons et de continents et j’essaie toujours de nouvelles directions, d’aller ailleurs jusqu’aux bouts du monde et donc d’avoir l’esprit ouvert même si, au fil du temps, je me suis quelque peu spécialisé en résolution d’énigmes scientifiques et, en montant des équipes à géométrie variable, autour de problèmes bien identifiés.

Toujours, je crois que j’ai aimé l’aventure scientifique dès tout petit car je l’ai vite côtoyée par mes nombreuses visites avec ma mère au Musée Océanographique et au Jardin Exotique de Monaco (comme les courses du Grand Prix et le casino !) et au bien plus modeste Musée Barla de Nice avec ses fossiles, oiseaux naturalisés et bocaux où baignaient dans le formol des animaux fabuleux.

Les voyages ont aussi toujours scandé ma vie avec un père toujours sur les trains, ma mère à droite et à gauche y compris à l’étranger avec ses équipes de basket de Nice et Monaco, un oncle en Indochine puis en Algérie, les lectures des écrivains cosmopolites tel Somerset Maugham, installé à la villa La Mauresque au Cap Ferrat, et la rencontre quotidienne d’étrangers sur la Côte d’Azur.

Puis, adolescent, je chassais les papillons autour de notre maison de famille dans les Alpes du Mont Viso, du côté du Piémont, avant de rejoindre l’Association des Naturalistes des Alpes-Maritimes qui m’initia la découverte de localités éloignées à la recherche d’espèces rares. C’était le temps de l’insouciance car presque tous ces insectes sont aujourd’hui en voie de disparition et les collectionneurs en ont rayé bien de la carte. Dans mon cas, j’ai surtout marché sous des soleils de plomb. Ensuite, entre 17 et 21 ans, ce fut le temps de la moto verte avec une petite machine de trial, toujours par monts et par vaux dans les causses (les baous) des Préalpes de Grasse et là aussi un plaisir obsolète car plus du tout à la mode chez les écologistes.

Tant est si bien que je pris la direction d’études en géographie achevées par un doctorat entre 1976 et 1980 à Turin, co-dirigé par Mario Govi, au sujet de l’histoire des crues en Italie du Nord depuis deux cents ans.  J’espérais  décrocher un travail de terrain au contact de la Nature et d’aller au loin et outre-mer. Trente ans plus tard, ma tâche peut se résumer à reconstruire un casse-tête à savoir rebâtir une part de l’histoire du climat sud-américain à partir des documents primaires c’est-à-dire ceux écrits sur place par les personnes ayant vécu des aléas climatiques qu’il décrivent tout en demeurant ou ayant demeuré longuement aux Amériques.

Dans l’UMR Hydrosciences dans laquelle j’évolue à Montpellier, j’étudie l’histoire du climat sud-américain, étant l’animateur, avec une Collègue argentine, de ce pôle dans le projet de l’IBGP (International Geosphere and Biosphere Programme) appelé PAGES (PAst Global ChangES). Aussi vais-je depuis 1995 au bout du monde recherchant les archives des plus hautes cités et des paroisses andines et celles des déserts bolivien et péruvien.

Toutefois, entre 1976 et 1986 , j’avais fait du terrain, beaucoup de terrain : mesures hydrologiques lors des crues alpines et lors d’un cyclone en Nouvelle-Calédonie, études préliminaires des ressources en eau pour des barrages hydro-électriques, hydrologie urbaine dans les égouts à ciel ouvert d’Abidjan, campagne de simulations de pluie en savane et au Sahel, traçage au colorant des cours d’eau de la forêt équatoriale dans le cadre de la lutte contre l’onchocercose (une maladie tropicale)… jusqu’à tomber malade au Sénégal en 1986. Ce temps de repos obligatoire a fait que j’ai pu réfléchir à ce que je voulais faire à la reprise du travail. J’ai certes achevé les études entreprises mais, pour l’orientation des nouvelles, j’ai été réceptif aux demandes de collaboration des scientifiques du Sud qui sont, à l’IRD, nos partenaires. Et leur histoire et donc la réappropriation de leur passé technologique, sa restauration et la valorisation de leur savoir-faire sont des choses essentielles à leurs yeux face au rouleau de la modernisation et de l’uniformité. J’ai particulièrement ressenti de l’empathie pour mes Collègues de la science et de la technique au Sud, d’abord, aux Canaries, puis, en Amérique Latine en Bolivie et au Pérou.

Contact : gioda_ird(at)yahoo.com

12 réflexions sur “ Qui suis-je ? ”

  1. Bonjour,
    Je suis journaliste, en chemin pour El Hierro pour un reportage de deux jours. Serait-il possible de se parler au téléphone, vendredi, au sujet de la future centrale et des projets de développement durable sur l’île ? Je pense sur vos lumières pourraient m’être très utiles!
    Merci d’avance,
    Katell.

    1. Bonjour, Chère Madame.
      Vendredi 4, pas de problèmes pour me joindre de bon matin. Grand merci de votre intérêt. Toutefois, veuillez auparavant utiliser mon mail pour obtenir mon téléphone personnel.
      Enfin, j’ai mis la partie la plus récente du blog, le compte rendu à froid de ma dernière mission sur El Hierro, aussi sur « Mediapart » oû j’ai également un blog, après y avoir publié quelques articles en tant qu’invité. Tout cela serait facile à lire car en accès libre en tapant mon nom dans la fenêtre de recherche. Les publics ne sont pas les mêmes : le premier sur FS est plus scientifique et le second plus politique (sur « Mediapart ») au sens d’implication dans la cité. Ainsi, c’est la semaine en France du développement durable depuis le 1er avril. Qui en avait parlé sur « Mediapart » ?
      A bientôt
      A.G.
      http://blogs.mediapart.fr/blog/alain-gioda/310314/el-hierro-canaries-ombres-et-lumieres-du-developpement-durable

  2. L’émission « Les samedis du monde » est nourrie par les idées et donc nous nous permettons de faire des entrevues plus exhaustives que la norme.
    L’émission est diffusée dans les quatre provinces de l’Ouest du Canada et nos entrevues sont souvent reprises au réseau de Radio-Canada.

    http://www.radio-canada.ca/emissions/Les_samedis_du_monde/2010-2011/index.asp

    Nos entrevues sont pré-enregistrées. On vous invite, donc, de nous corriger, d’ajouter ce que nous avons omis; vous pouvez refuser de répondre à une question…le tout sera ajuster au montage et l’entrevue diffusée sera présentée sur notre page Internet.

    http://ici.radio-canada.ca/emissions/les_samedis_du_monde/2013-2014/chronique.asp?idChronique=287520

    On voudrait vous parler de l’île El Hierro, de sa vision et son audace à se rendre indépendente d’importation d’énergie.

    Robert Boucher

    réalisateur

    204 788-3241

    1. Cher Monsieur,
      Merci de votre intérêt et je suis à votre disposition.
      Je rentre du terrain dans un lieu reculé (Montevecchio) de l’île de Sardaigne (Italie) où j’ai visité des sites d’un Géoparc de l’Unesco, une classification que recherche et devrait obtenir El Hierro cette année 2014 afin de tourner positivement la page de la crise sismique et volcanique de 2011-12.
      Oui, le blog reste d’actualité et d’ailleurs dans « Le Monde » (et ailleurs), sur le blog de Big Browser, on vient de parler de l’île de façon brève.
      http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/05/01/de-vent-et-deau-fraiche-dans-latlantique-la-premiere-ile-100-energies-renouvelables/

      Sur le terrain sur El Hierro, tout se met en place normalement pour un départ de la centrale hydro-éolienne en juin prochain. Voici la dernière nouvelle positive.

      http://www.elhierrodigital.es/economia/item/2882-a-licitacion-el-mantenimiento-y-la-operacion-de-la-central-hidroeolica-de-el-hierro

      Un article, pour la revue de référence canadienne de l’UQAM VertigO, vient d’être accepté sur la transition énergétique et écologique d’El Hierro.
      Je serai de retour avec un téléphone fixe chez moi en France à Montpellier dès ce dimanche 10 mai au 00 33 4 67 58 80 08 (répondeur) et un courriel presque toujours disponible est le suivant : gioda_ird(at)yahoo.com.
      Au plaisir de vous lire
      Alain Gioda
      Alghero, Sardaigne, Italie

  3. Bonjour,

    Je commence la réalisation de « l’énergie des îles », un sujet 52′ pour la collectivité de Corse qui le diffusera lors du salon « Energ’îles » en octobre 2015.
    El Hierro, Guadeloupe, Corse seront mes 3 sites de tournage .
    Pouvez vous me recontacter pour que nous puissions échanger par téléphone?
    D’avance merci

    Bien à vous,
    Claude Guillot
    05 46 94 81 00

    1. Bonjour,
      Vous avez bien voulu m’interpeller. Je vais de ce pas vous joindre par téléphone et par courriel.
      A bientôt
      Alain Gioda

  4. Bonjour Alain,
    Merci pour tout ce que vous faites!
    Suite à notre « conversation » lors du débat à la fin du film « Demain » à Uzès, je me permets de vous envoyer quelques liens intéressants concernant les CHEMTRAILS : (prononcer « KEMTRéLs »= chemical trails, traînées chimiques).
    Ces traînées blanches laissées par de nombreux avions, et qui au lieu de disparaître très vite comme c’était le cas il y a une dizaine d’années, s’épaississent, s’élargissent jusqu’à voiler le ciel de quantités de pays, pendant de longues heures. Les analyses montrent que les retombées sur le sol constituent un danger : présence d’ALUMINIUM, DE BARIUM, DE PHTALATES, et bien d’autres produits chimiques… En plus de dérégler le climat, ces dangereux produits se retrouvent dans notre sol, contaminant tout, notre eau, nos mers, les plantes, les fruits, les légumes, les animaux et bien sûr se retrouvent forcément dans notre organisme !
    Voici un premier lien:  » La face cachée du monde, chemtrails et projet HAARP »
    https://www.youtube.com/watch?v=JDBmZNEk3N8
    Le projet H.A.A.R.P. (Highfrequency Active Auroral Research Project) composé de 36 antennes en Alaska…suite dans la vidéo
    Et voici un 2è lien: http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/chemtrails-la-guerre-secrete-51077
    Vous pouvez en trouver bien d’autres sur internet.
    Il me paraît important de prendre conscience de cette manipulation du climat à grande échelle, dans de nombreux pays, à l’insu de la population. Ces « épandages » s’accentuent d’années en années…
    Merci de voir ce que vous pouvez faire, ne fut-ce que d’en être conscient déjà, et de faire prendre conscience au plus grand nombre de tout ce qui se passe à leur insu à notre insu à tous.
    Belle continuation sur votre chemin!
    Bien cordialement,
    Sylviane

    1. Bonjour,
      Je vous remercie de votre intérêt et je vais passer par votre messagerie personnelle pour vous répondre cette fin de semaine.
      Je ne suis pas du tout un spécialiste du thème que vous abordez mais je sais que, dans bien des pays, il n’y aucune législation limitant la pollution aérienne. « Les Echos » l’ont soulignée :
      http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/021529754252-pourquoi-le-transport-aerien-est-loublie-de-la-cop-21-1181237.php
      Il y a donc un grand chantier à ouvrir.
      Bien à vous

  5. Votre parcours est riche et intéressant. Pouvez-vous nous dire un mot sur vos recherches effectués à Abidjan (Côte d’Ivoire) ?

    1. Bonjour et merci de votre intérêt.
      En Côte d’Ivoire, un pays dont je garde un grand souvenir, mon travail avait porté sur trois axes :
      – de la simulation de pluie sur des petits bassins versants, en partie agricoles, en savane dans la région du nord ;
      – du traçage à la rhodamine B sur les grands cours d’eau du Sud pour simuler le cheminement de l’insecticide (le Bt) utilisé par le programme international de lutte contre l’onchocercose ;
      – de l’hydrologie urbaine dans les égouts à ciel ouvert du quartier de Youpougon à Abidjan.
      La plupart des travaux ont fait l’objet de publications, de faible diffusion à l’époque, mais, plus tard, elles ont été mises en ligne pour l’esentiel sur le site de l’IRD.

  6. Bonjour,

    Je suis journaliste et je prépare actuellement un documentaire sur les îles Canaries. Une partie de ce documentaire traitera de l’expérience écologique menée sur l’île d’El Hierro, et votre expertise nous serait d’une grande aide. Pourrions-nous échanger par courriel ?

    Bien à vous,

    Pierre Meloni

    1. Bonjour,
      Je vous ai déjà répondu grâce à mon courriel le 21 avril. Merci de votre intérêt et nous collaborerons, sous une forme ou une autre, autour du prochain documentaire sur les îles Canaries dans le cadre du magazine de France5 « Sale temps pour la planète ».
      A celles et ceux qui veulent suivre mon blog, je dois vous dire que, pour des raisons de santé, il n’y aura pas d’article, billet ou galerie pendant ce mois d’avril 2017.

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« Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l'obscurité, la lumière , les éléments, les aliments, le bruit, le silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine, et sur notre âme . » Jean-Jacques Rousseau, Les confessions.