La transition énergétique et la quête de l’eau cachée filmées

Autour d’El Hierro aux Canaries et de ses avancées en développement durable (DD), en énergies renouvelables (ENR) et en nouvelles technologies environnementales (NTE), il y a une série de films et de vidéos de qualité professionnelle dont j’ai choisi 6 exemples. Cette série tourne autour de la transition énergétique et écologique et la recherche de l’eau cachée dans un milieu insulaire et globalement aride.

1) Extrait du documentaire « Les maîtres de l’eau » (1ère diffusion 22 mars 2013 sur la chaîne Encyclo) par Jean-Paul Llamazares pour Gédéon Programmes et AB Productions.  En se promenant sur la page d’accueil, on le voit bien.
http://www.guilaindepardieu.fr/scienceenmarche.html

2) Documentaire « Les pionniers de la transition énergétique« , émission « Avenue de l’Europe », France 3, diffusion 6 avril 2013. Le dernier exemple présenté est celui d’El Hierro.

3) Tout comme Pierre Rabhi, j’ai participé, en tant qu’invité par Thierry Salomon le président de négaWatt,  au Festival éco-responsable de l’Etang de Thau. Conférence le 21 juillet 2013 à la capitainerie du port de Mèze (Hérault) filmée par Serge Tostain.
http://www.youtube.com/watch?v=WARHXtv2fhQ

4) « Le Blogueur« , Arte et El Hierro (20 octobre 2013) mais ce n’est pas facile à revoir sachant que les vidéos TV sur ce support sont fugaces.
http://www.arte.tv/guide/fr/049475-012/le-blogueur
Il en reste un résumé en ligne.
http://www.programme.tv/c3000066-le-blogueur/habiter-durable-69290712/

5) « Eau du brouillard, forêts de nuages et développement durable« , Canal IRD par Luc Markiw (2005).

Pour celles et ceux pratiquant l’espagnol et l’anglais, nous continuons avec une vidéo d’Endesa, l’EDF privatisée espagnole et filiale de l’ENEL, puis une autre de Gorona del Viento, la SEM qui a construit et qui gère la centrale hydro-éolienne d’El Hierro

6) « Proyecto El Hierro: 7 compromisos para un desarrollo sostenible« .
Pour les anglophones, c’est ici « Business Lines: El Hierro » :

7) Seulement en espagnol, « La central hidroeolica de El Hierro« .

8) toujours en espagnol, le projet Géoparc-Unesco déposé en 2013.

Bonne vision!
Alain

 

 

 

Vers le Pantanal brésilien et bolivien : terre, eau et vie

Selon l'artiste César Manrique, le lézard géant d'El Hierro.
Selon l’artiste César Manrique, le lézard géant d’El Hierro. Peut-être une bonne introduction vers un autre monde, le Pantanal, où la nature et les animaux restent rois. © A. Gioda, IRD.

L’été 2010, j’ai visité le Pantanal brésilien dans le  Mato Grosso del Sur. C’est, avec le delta intérieur de l’Okavango au sud de l’Afrique, le plus grand marécage du Monde resté naturel. D’où, une foultitude de caïmans, de piranhas et d’oiseaux.

Le Pantanal, c’est loin et cher pour un Européen – et même pour un Sud-américain vu les tarifs pratiqués sur place. Aussi,  j’essaierai de vous en faire profiter avec quelques photos de ce voyage. Toutefois, je n’ai pas choisi le format de la galerie car, dans le voyage, le plus important ce sont le cheminement ou l’approche. Vous le dérouleriez par conséquent, tel un papyrus, mais entre nous vous pouvez toujours, en cliquant sur une photographie, le voir, telle une galerie.

Campinas. Centre historique. Bâtiment témoignage du boom du café brésilien à la fin du XIXème siècle. Campinas est une ville maintenant quasiment englobée dans la banlieue de Sao Paulo.
Campinas, Etat de Sao Paulo. Centre historique. Bâtiment témoignage du boom du café brésilien débuté à la fin du XIXème siècle et à l’origine de la cité. Campinas est une ville maintenant quasiment englobée dans la banlieue de Sao Paulo. © Gioda, IRD.
Campinas. Une placette et son animation dans le centre historique (ne remontant pas au-delà de la fin du XIXème siècle)
Campinas, Etat de Sao Paulo. Une placette et son animation dans le centre historique. © Gioda, IRD.
Petite poubelle avec un des animaux emblématiques, le caïman jacaré. Campo Grande, capitale du Mato Grosso del Sur. C'est l'un des Etats qui se partage le territoire du Patanal . A. Gioda, IRD
Campo Grande, capitale du Mato Grosso del Sur. Petite poubelle avec un des animaux emblématiques du Pantanal, le caïman jacaré. Les deux Etats du Mato Grosso  se partagent au Brésil le territoire du Patanal (200 000 km2) .  De bien plus petites parties sont paraguayennes et boliviennes. © A. Gioda, IRD.
Autour du centre de Campo Grande, la cuisine locale n'oublie pas le poisson et particulièrement le piranha accommodé ici en soupe. © A. Gioda, IRD.
Banlieue de Campo Grande. La cuisine locale n’oublie pas le poisson et particulièrement le piranha accommodé ici en soupe. © A. Gioda, IRD.
Train diesel Campo Grande-Miranda avec prolongation pour les marchandises jusqu'à Corumba qui dessert le sud du  Pantanal jusqu'à la ville-frontière de la Bolivie sur le Parana. Aujourd'hui le trafic se fait par la route pour la très grande majorité. A. Gioda, IRD.
Train diesel Campo Grande-Miranda avec prolongation pour les marchandises jusqu’à Corumba. Il dessert le sud du Pantanal jusqu’à cette ville-frontière de la Bolivie sur le Parana. Aujourd’hui le trafic se fait par la route pour la très grande majorité. © A. Gioda, IRD.
A côté de grands champs de sorgho et des pâturages où paissent des millions de zébus, il reste de la brousse où picorent les grands nandous, l'autruche sud-américaine.
A côté des grands champs de sorgho et sur les pâturages extensifs où paissent des millions de zébus, il reste un peu de place où picorent les grands nandous, l’autruche sud-américaine. © A. Gioda, IRD.
L’un des rares reliefs du voyage en train Campo Grande-Miranda avant de bifurquer sur le karst tropical de Bonito, légèrement au sud du Pantanal. © A. Gioda, IRD.
Maison du Pantanal où sont présentés les objets de l'artisanat des Indiens. A. Gioda, IRD.
Maison proche du Pantanal où sont présentés les objets de l’artisanat des Indiens. Miranda. A. Gioda, IRD.
Miranda, Etat de Mato Grosso del Sur. A la gare routière vers Bonito, une des attractions touristiques naturelles du Sud brésilien. A. Gioda, IRD.
Miranda, Etat de Mato Grosso del Sur. A la gare routière vers Bonito, une des attractions touristiques naturelles du Sud brésilien. © A. Gioda, IRD.
Bonito, Mato Grosso del Sur. Des poissons dans l'eau claire des résurgences karstiques. Clarté des eaux et karst sont choses rares sous les tropiques. A. Gioda, IRD.
Bonito, Mato Grosso del Sur. Des poissons dans l’eau claire des résurgences karstiques. Clarté des eaux et karst sont choses rares sous les tropiques. © A. Gioda, IRD.
Clarté des eaux issues du karst tropical de Bonito. Elle contrastera avec celle des eaux du Pantanal, beaucoup plus turbides. © A. Gioda, IRD.
Autre vue des eaux claires issues du karst tropical de Bonito. . ©  A. Gioda, IRD.
Clarté des cascades des résurgences issues du karst tropical de Bonito. ©  A. Gioda, IRD.
Le caïman jacaré, l'emblème du Pantanal où il est partout chez lui. A. Gioda, IRD.
Le caïman jacaré, l’emblème du Pantanal  (200 000 km2) où il est partout chez lui. Il y en aurait 10 millions ce qui en fait la région  où les crocodiliens sont les plus nombreux au monde. © A. Gioda, IRD.
OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Autre photo du caïman jacaré pour montrer son caractère très commun. © A. Gioda, IRD.
L’un des plus grands échassiers au Monde, jamais bien loin des dépotoirs : le « bato » ou jabiru qui mesure jusqu’à 1,40 m de haut et pèse ses 8 kilos. © A. Gioda, IRD.
OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Un autre oiseau géant (1 à 1,50 m de long) mais cette fois dont l’aire est presque restreinte au Pantanal : l’ara hyacinthe.  Cette espèce est devenue rare ailleurs au centre du continent. Elle est liée, pour sa nourriture, aux fruits de palmiers à coque très dure que seul son bec et sa force peuvent briser. © A. Gioda, IRD.
Encore un géant chez fois chez les rongeurs le capibara et ses bons 50 kilos. Un animal jamais bien loin de l’eau. © A. Gioda, IRD.
OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Cerf ou biche des marais caché à la base d’un tronc. Le plus grand cervidé de l’Amérique du Sud. © A. Gioda, IRD.
Posada ou exploitation d’élevage extensif, caractéristique du Pantanal. Les hommes sont rares ici, à l’inverse des animaux de grande taille, et là est le complet dépaysement. © A. Gioda, IRD.
Sous un ciel plombé, vue d’un des bras du Parana, le fleuve qui draine le Pantanal et qui ici marque la frontière entre le Brésil et la Bolivie. © A. Gioda, IRD.
Puerto Suarez, Bolivie, face à Corumba au Brésil. Jetée vers les eaux libres permettant de rejoindre le Parana et au-delà l'Atlantique. A. Gioda, IRD.
Jetée vers les eaux libres permettant de rejoindre le Parana et au-delà l’Atlantique. Puerto Suarez, Bolivie. Une cité fondée, face à Corumba au Brésil, pour garder la frontière bolivienne.  Elle est la seule porte de sortie par voie navigable de la Bolivie vers l’océan. © A. Gioda, IRD.
Tajibo ou lapacho en fleurs, Puerto Suarez, Bolivie. © A. Gioda, IRD.
Détail de la floraison d’un tajibo. Puerto Suarez (Bolivie). © A. Gioda, IRD.
A suivre car on repart de Puerto Quijaro  (Bolivie), cité pionnière proche de Puerto Suarez, vers d’autres aventures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Açores : « La femme de Porto Pim… » d’Antonio Tabucchi

Toujours des voyages immobiles. Tabucchi et ses récits fragmentaires, tel un archipel du rêve, avec les vaisseaux,  les naufrages, les baleines des Açores – autres îles de la Macaronésie et sœurs des Canaries – de « La femme de Porto Pim et autres histoires« .

« Nocturne indien » d’Antonio Tabucchi est plus connu. Un grand libre, toujours fragmenté et post-moderne sur Bombay, et j’aime aussi le film homonyme d’Alain Corneau avec Jean-Hughes Anglade qui l’a éclairé pour un plus large public.

Tabucchi nous a quitté malheureusement, il y a peu, et j’ai aussi beaucoup d’admiration pour son maître spirituel et écrivain nocturne, le portugais Pessoa et son chef-d’œuvre toujours inachevé car toujours repris « Le livre de l’intranquillité». Un manuscrit ou plutôt des notes qui dormirent ensuite longuement dans une malle de voyage.

El Hierro : Réserve de la biosphère

Prises des miradors construits par Don Zósimo, sous les conseils de César Manrique dans les années 80 (une œuvre poursuivie ensuite), ces photographies sont faciles à faire sans danger. Ces miradors incarneraient, s’il n’étaient point des objets, la réserve de la biosphère car insérant l’homme dans le monde minéral et vivant.

L’an 2000,  toute l’île a été déclarée Réserve de la biosphère par l’Unesco, dans le cadre du programme MAB (Man and Biosphere), après avoir déposé, par ses élus, sa candidature.

Mes voyages et missions cette année

Voilà mes missions et les évènements auxquels j’assisterai et où j’interviendrai les mois suivants en espérant en ajouter beaucoup d’autres.

2 février, 18 heures. Conférence au sujet de la transition énergétique, Aquaforum, en bordure de la Garonne, Rives d’Arsins, Bègles (Gironde), organisée par « Terre & Océan » de Bordeaux.

2-12 mars. Mission de terrain,  El Hierro et Tenerife (Canaries).

29 avril-10 mai. Terrain : géoparc Unesco de Sardaigne (Italie).
Dans le cadre de la préparation du COP 21 (Paris Climat 2015), l’Ambassade de France à Berlin, organise un symposium franco-allemand, en liaison avec l’INRA, sur le thème « Changement Climatique, Agriculture et Forêt » le 7 mai 2014 à Berlin. Invité début avril, je serai toutefois à cette époque en Sardaigne pour visiter, une seconde fois, le grand Géoparc multi-sites de cette île qui tourne autour de l’histoire et de l’archéologie industrielle. Pourquoi ? Afin d’étudier car l’île d’El Hierro a déposé aussi, auprès de l’Unesco, sa candidature en 2013 à cette classification de Géoparc pour relancer son tourisme choisi. Ce dernier est, de nos jours, réduit à la suite à la crise sismique et volcanique de 2011-2012. Cette crise deviendrait alors une chance pour El Hierro.

Début juillet.  Congrès PAGES (PAst Global chanGES) Amérique du Sud, Medellin, Andes de Colombie, organisé par l’IGBP (International Geosphere and Biosphere Programme).

Pago-Pago, Samoa : « Pluie » sur une île des Mers du Sud

Les voyages proposés seront immobiles car je ne parlerai que du temps passé et seul les livres en ont gardé trace. On peut y ajouter les archives et autres les grimoires, les vieilles cartes et photographies en blanc et noir.

Un exemple est donné ici : « A la différence des pluies molles du pays anglais, qui tombent en douceur, celle-ci, implacable, avait quelque chose d’effrayant : l’on croyait y rencontrer la malveillance des forces primitives de la nature ». (p.44).

Un extrait de l’excellente nouvelle de 1921 « Pluie » de W. Somerset Maugham  dans laquelle la perte de l’innocence d’un missionnaire protestant sur une île des mers du Sud correspond au déluge sous les tropiques, image du choc de la nature.

Cette île est Tutuila, dans l’archipel des Samoa américaines, où douze membres de l’équipage du scientifique Lapérouse avaient déjà péri en 1787. Elle est montagneuse et elle est 2 fois plus petite qu’El Hierro bien que 5 fois plus peuplée. Son port est Pago-Pago, un nom qui résonne telle une invitation aux voyages lointains.

El Hierro parmi « Un million de révolutions tranquilles »

Je  vous signale un livre sorti en 2012, mais seulement chroniqué par Jean-Luc Porquet dans  « Le Canard Enchaîné » le 11 décembre 2013 (page 5),  qui développe  entre autres l’expérience de l’île d’El Hierro aux Canaries : « Un million de révolutions tranquilles » par Bénédicte Manier aux éditions LLL.

Pour une fois, dans « Le Canard », la chronique du livre n’est pas acerbe mais, bien au contraire, élogieuse. L’auteur de cet ouvrage  est Bénédicte Manier, journaliste à l’AFP.

Ce livre est disponible dans les bonnes librairies et il peut être acheté sur l’Internet.

Mobilité électrique et la mienne avec une moto superéthanol

La mobilité électrique est encouragée sur El Hierro par un partenariat avec Renault-Nissan et l’implantation de bornes de recharge rapide par Endesa, l’équivalent en Espagne d’ EDF mais qui a été privatisée et qui est une société par actions, filiale de l’ENEL italienne. Un article du journal La Croix faisait le point à ce sujet, en avril 2013, grâce au journaliste Raphaël Baldos.
Toutefois, en France le nombre de bornes est notoirement insuffisant. L’électricité fournie est aussi non tracée. Logiquement, la majorité doit venir de l’énergie nucléaire dont le gouvernement, dans le cadre de la future loi-programme sur la transition énergétique, veut voir sa part baisser dans la production nationale : à terme de 75% à 50%. De plus, ce n’est pas une énergie renouvelable (l’objectif affiché, et la France s’est engagée vis-à-vis de Bruxelles, est 23% de ENR en 2020). Enfin,  le minerai qui l’alimente est à 100% importé. Le déficit commercial de la France était en 2013 de 61,2 milliards d’euros dont l’énergie représente 83% du trou total (Le Figaro, 9 février 2014, Economie, p. 20). Pour en savoir plus à ce sujet, vous pourriez lire les contributions des acteurs du futur de l’énergie chez nous, sur le site <www.transition-energetique.gouv.fr>. Continuer la lecture

El Hierro : l’arbre, l’astrophysicien et le musicien

La sabina d’El Hierro est un très ancien genévrier de Phénicie (Juniperus phoenicea) dont le vent a façonné le tronc, telle la Vénus de Samothrace, et la couronne de feuillage, telle une chevelure de dame préraphaélique.
Sabine d'El Hierro, un des symboles de l'île.  Photographie de 1991.
Sabine d’El Hierro, un des symboles de l’île.
Photographie ancienne de 1991. © A. Gioda, IRD.
La conservation de la sabina était mise en péril à la suite à des déprédations de touristes anglais, sans doute involontairement attirés par la photographie de cet arbre caractéristique de l’île sur la pochette d’un disque de Brian May, le guitariste du groupe pop Queen mondialement connu depuis les années 70. Ce disque de Brian May, sorti en 1998, s’appelle un « Another World ». Sa chanson-titre homonyme (dont il a écrit les paroles très simples alors qu’il passait un moment personnel difficile) est dédiée à El Hierro. L’île est présentée telle une alternative au monde actuel et il y a avec un autre paysage insulaire, celui de la Roque de la Bonanza, sur le verso de la pochette.

Allez donc l’écouter sur Youtube comme vous verrez la sabina au recto de la pochette telle qu’elle était vers 1998.

Pourquoi le guitariste rock Brian May s’intéresse-t-il durablement à la sabina et à El Hierro ?

Parce qu’il connut les Canaries à la fin des années 60, avant de devenir un rockeur professionnel de grand succès, en tant qu’étudiant avancé en astrophysique de l’Imperial College de Londres. Le groupe Queen trouve ses racines universitaires à Londres avec un autre ancien étudiant de l’Imperial College Roger Taylor, son batteur et multi-instrumentiste, et donc Brian May.  D’autre part, l’archipel des Canaries compte l’ensemble d’observatoires astronomiques les plus performants d’Europe sur les îles de Tenerife (dont celui d’Izaňa sur le volcan Teide où étudia Brian May) et de La Palma, à plus de 2 500 mètres, au-dessus de la mer de nuages qui correspond à l’étage biogéographique des forêts du brouillard ou bien de la brume ou encore des formations végétales nébuleuses. Dans les années 90, lors de sa carrière solo qui se développa après le décès de Freddy Mercury des Queen, Brain May grava et publia « Another World ». C’est un album très rock mais aussi dans lequel, par touches lors des passages lents, son intérêt pour la préservation de la nature apparaît clairement ; un  titre de morceau porte le nom évocateur de « Wilderness » soit le mot fétiche de John Muir.

L’âge venu, son intérêt pour le rock s’éloignant quelque peu, Brian May reprit ses études pour les conclure par un doctorat en astrophysique finalement obtenu en 2007, quelque 37 années (!) après son début de thèse. Cela toujours auprès du prestigieux Imperial College de Londres où le Dr. Brian Harold May (CBE, PhD, FRAS)  a depuis le statut de chercheur visitant. Sa publication scientifique la plus notable est la suivante  : Hicks, T., May, B., & Reay, N. (1972). MgI Emission in the Night Sky Spectrum, Nature, 240 (5381), 401-402. Ses conclusions sont expliquées ici (en anglais).

A côté de la science, Brian May est aussi connu en Grande-Bretagne depuis longtemps comme un défenseur de la nature et donc des animaux sauvages, tels les renards, les hérissons et les blaireaux, notamment grâce à son blog. Ici, est présentée la partie de son blog datée de décembre 2011, et en allant au 7 précisément, en déroulant le menu, vous liriez la mésaventure subie par la sabina de El Hierro lors de cette année.

Sabina tree
La sabina, un genévrier de Phénicie pluricentennaire, montée par un touriste se faisant immortaliser sur l’arbre. © Miguel Piñar du Service de l’Environnement d’El Hierro.

Emu par les déprédations subies par l’arbre, Brian May s’excusa sur son blog de l’avoir mis en vedette sur son disque de 1998. Le service de l’Environnement d’El Hierro prit les choses en main et protégea début 2012 son autre arbre symbole, avec le Garoé, par un cordon pour éviter aussi tout piétinement au-dessus de ses racines, mit un beau panneau en xylogravure et l’équipa d’un code-barres QR pour rendre son histoire accessible par l’Internet y compris sur le terrain.

Protection de la sabina après l’épisode des holigans, fans des Queen et de Brian May.
Protection de la sabina après le vandalisme des fans des Queen et de Brian May. © A. Gioda, IRD.

Maintenant si « We will Rock You » résonnait ou encore si vous voyiez le guitariste sur le toit de Buckingham Palace jouer à la manière de Jimmy Hendrix « God save the Queen », vous connaîtriez les autres facettes de la personnalité de Brian May.

El Hierro : le fait de la transition écologique et énergétique

Laissés de côté depuis les années 1970 par le boom touristique de l’archipel canarien, les représentants élus de l’île d’El Hierro (270 km, 10 000 habitants aujourd’hui) se trouvèrent, 20 ans plus tard, face à la volonté expansionniste de l’armée espagnole . Cette dernière cherchait d’y agrandir son emprise foncière afin d’installer des radars, profitant de sa position géographique la plus avancée dans l’Atlantique de l’archipel et de la clarté de ses ciels , conséquence de la faiblesse de sa population et des activités humaines.

Prendre son destin en main ou devenir autonome signifièrent pour la population faire le choix de l’indépendance énergétique. Un parti insulaire appelé Agrupacion Herrena Independiente (AHI), membre de la Coalition Canarienne qui gouverne la région autonome de l’archipel, avait pris par la voie électorale le pouvoir sur El Hierro dès 1987 et le conserva, sauf de courtes interruptions, jusqu’en 2011 . Ce parti présentait la particularité d’être animé, jusqu’à 2012, par le responsable de l’unique centrale énergétique de l’île, alors propriété de l’Etat, et fonctionnant au fioul. Cette conjonction technico-politique favorisa la transition énergétique qui prit plus de 30 ans nécessaires pour concevoir, financer et construire l’originale centrale hydro-éolienne à 100% alimentée par les énergies renouvelables. Toutefois le terrain avait été préparé par la transition écologique, déjà en route depuis les années 1940, qui fut un effort collectif consacré par le classement en 2000 de toute l’île en Réserve de la biosphère par l’Unesco pour les succès suivants : fortification des activités agro-pastorales avec les coopératives fruitière (bananes et ananas), laitière , fromagère, apicole et de pêche; reforestation avec des espèces locales ; plantation d’arbres fontaines  et pose de filets attrape-brouillard ; redécouverte, sauvegarde et réintroduction d’un rarissime lézard géant endémique…

Ensuite, pour réussir la transition énergétique , il fallut implanter 5 éoliennes de 2,1 MW chacune, réaliser le dessalement de l’eau de mer en utilisant leur énergie, bâtir une centrale hydraulique de 11 MW avec 4 turbines Pelton prenant leur relais en cas de panne de vent et donc construire deux réservoirs, à des altitudes différentes, fonctionnant en STEP (Station de Transfert d’Energie par Pompage).

D'un volume de 500 000 m3 et installé dans l'étage du brouillard près de l'arbre fontaine, le réservoir supérieur permet une chute d'eau de plus de 600 mètres vers la centrale hydraulique
D’un volume de 500 000 m3 et installé dans l’étage du brouillard près de l’arbre fontaine, le réservoir supérieur permet une chute d’eau de plus de 600 mètres vers la centrale hydraulique. Février 2012. © A. Gioda, IRD.

Néanmoins tout cela ne veut pas dire mettre sous un cocon voire démonter l’ancienne centrale thermique au fioul, d’ailleurs installée sur un site très proche. L’objectif est un mix ou bouquet énergétique parce qu’il faut sécuriser l’approvisionnement de l’île.

Depuis plusieurs décennies, les îliens ont par conséquent considérablement changé leurs comportements avec des démarches concrètes et avant-gardistes de développement durable. De nos jours, la mobilité électrique et la fabrication de biodiesel commencent à se développer. Sur une île où par tradition les coopératives et les mouvements politiques et citoyens sont très actifs, il ne faut pas oublier la wifi gratuite partout dans les lieux de réunion tandis que l’éclairage public led se diffuse. Enfin, les sports au contact de la nature se développent y compris chez les îliens : trekking, chasse photographique sous-marine, parapente, voile .

« Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l'obscurité, la lumière , les éléments, les aliments, le bruit, le silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine, et sur notre âme . » Jean-Jacques Rousseau, Les confessions.