El Hierro et les Canaries : les ENR et la formation des jeunes en sciences

La société Gorona del Viento qui gère la centrale hydro-éolienne d’El Hierro (Canaries) a fait le bilan de son année 2015 et l’a mis en ligne (en espagnol). Au-delà de l’auto-satisfaction (assez compréhensible quand on est cause et partie mais qu’il est toujours facile de recadrer par la production électrique qui est connue au temps T*), il est mis l’accent sur le tourisme scientifique avec l’attraction principale des énergies renouvelables (EnR). Le plus important est que cette forme de tourisme – du point de vue des îliens – passe par la participation de jeunes notamment  grâce à des conventions avec les Allemands de Berlin, l’Université des Antilles avec la venue de leur étudiant Axel Ibéné pour un stage et de celle de la jeune architecte Joanne Rasse de Rabat, elle aidée par une bourse liée au CNAM de Paris. La venue des lycéens, étudiants et jeunes professionnels se justifie aussi par la beauté des paysages, façonnés par l’homme et la nature qui a fait pousser un nouveau volcan sous-marin quelques kilomètres de l’île et qui a donc permis de créer un nouveau Géoparc de l’Unesco en 2014 (en espagnol).

El Hierro. Las Playas. Cliché : A. Gioda, IRD.
El Hierro. Las Playas. Cliché : A. Gioda, IRD.
L'affiche de Renisla reprend et interprète une photographie de quatre moulins du parc du l'île (qui en compte cinq), dans le brouillard qui est la signature du paysage météorologique de l'île. Affiche : Cabildo de El Hierro.
L’affiche reprend et interprète une photographie de quatre moulins du parc du l’île (qui en compte cinq), dans le brouillard qui est la signature du paysage météorologique de l’île. Affiche : Cabildo de El Hierro.
 Je continuerai ce filon de la formation en 2016.
a) Ainsi, ai-je préparé dès septembre dernier, en tant que conseiller scientifique du club JRD El Hierro, la venue du groupe comprenant dix élèves du Lycée Jean Monnet de Montpellier et un étudiant de l’Ecole d’Architecture, toujours de cette ville. Ce projet scolaire est mené entre autres avec le support du Service Educatif de l’IRD France-Sud (Mme Muriel Tapiau) et ce voyage d’études serait fin avril-début mai avec deux professeurs du Lycée Jean Monnetoui, le grand Européen – de Montpellier : Mmes Dominique Chirpaz et Christine Genuist qui développent un enseignement sur le terrain.
b) De leur part et en parallèle, les gens de l’île, grâce au directeur de l’IES Garoé (le Lycée d’El Hierro) qui est aussi professeur d’allemand, montent un projet assez proche qui serait «  labelisé  » Erasmus+ avec des jeunes Allemands, Lituaniens et Turcs. Ce projet couvrirait les trois prochaines années. Nous étudierons la possibilité de joindre ces deux actions a) et b) avec l’idée centrale de faire sortir des jeunes lycéens d’El Hierro de leur île afin de mieux connaître le Monde et de faire partager leurs acquis en écologie appliquée.
c) Toujours en parallèle, les élèves avancés de SupAgro de Montpellier feront leur voyage final d’études sur El Hierro dès fin février-début mars, avec les Prof. Carole Sinfor de l’Inra et Gabriel Santos Garcia de l’Université publique de La Laguna (ULL, île de Tenerife, Canaries).
d) J’encadre, à distance et en partie, deux élèves pour le concours des Classes Préparatoires avec un TIPE (Travail d’Initiative Personnelle Encadré) autour d’El Hierro et les énergies renouvelables.
e) Enfin, j’aide à achever, en tant que membre pressenti du Comité scientifique, le projet Erasmus+ appelé « Afreqen » du CNAM de Paris et du Cirad de Marrakech qui aura un fort volet énergies renouvelables avec le savoir-faire des Collègues de l’ULL (Université de La Laguna) de l’île de Tenerife aux Canaries. Le projet sera déposé à Bruxelles début février.

Beaucoup de projets et donc de rêves mais basés sur les réussites de jeunes que j’avais eu le plaisir d’aider tels Marie Guyon avec son attrape-brouillard portable, Mathieu Labour maintenant ingénieur chez Urbasolar et, l’an dernier, Joanne Rasse et son voyage d’études en architecture et énergies renouvelables sur El Hierro où il a rencontré beaucoup d’échos (en espagnol).

Hybride moto-vélo 100% électrique fabriqué au Pôle électrique d'Alès (Gard) et régulièrement commercialisé. Cliché : A. Gioda, IRD.
Hybride moto-vélo 100% électrique fabriqué au Pôle Mécanique d’Alès (Gard) et régulièrement commercialisé. Stand : Mostra Verte 2015 de Perpignan. Cliché : A. Gioda, IRD. PS : je n’ai aucune relation avec la société SEV qui produit l’Etricks.
 * Chaleur et panne de vent fréquente caractérisent la fin de 2015 et le début 2016 sur El Hierro mais aussi sur toute l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord où la situation anti-cyclonique perdure. Une part de ce phénomène est à lier au très fort phénomène El Niño en cours.

Montpellier et sud de la France : chaleur et floraison en janvier 2016

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Rose de mai à Montpellier en fleur début janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.

Quelques mots et surtout des photographies pour marquer d’une pierre milliaire ce mois de janvier 2016 qui a vu la floraison de nombreuses plantes hors saison car il est marqué par une grand douceur voire même une chaleur sensible.
Plus scientifiquement, vous trouvez une analyse de cette floraison extrêmement précoce – voire exceptionnelle- par Isabelle Chuine qui est ma voisine du CNRS de Montpellier où elle est la responsable de l’Observatoire des saisons . J’avais connu Isabelle Chuine en 2004 ou 2005, après de la sortie dans la revue de référence « Nature » de l’article collectif sur la modification des dates de la véraison du raisin dans l’Histoire (en anglais). Selon Wikipedia, «  la véraison est le moment de l’année où le grain de raisin gonfle et passe du vert, au rouge vif pour les raisins noirs, ou au jaune translucide pour les raisins blancs, et au rosé pour les raisins gris « . Ce phénomène est un bon indicateur du changement climatique dans l’Histoire. De même, la date des vendanges est surveillée de près par les viticulteurs de tous les temps, le rappelait Emmanuel Le Roy Ladurie un peu avant la COP21.
Au total, rien de surprenant que ce mois de janvier 2016 car il s’inscrit dans le droit fil de décembre 2015 y compris au niveau planétaire, avec une moyenne des températures au plus haut. Ce mois de décembre s’insérait lui-même dans une année 2015 record : «  la moyenne annuelle de 2015 se situe à 0,87°C au-dessus de la période de référence, soit à près d’1°C au-dessus de la période pré-industrielle  » selon Sylvestre Huet dans son blog Sciences2.

Iris à Montpellier en fleur, début janvier 2016.
Iris en fleur à Montpellier, au début de janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.
Marguerites à Montpellier, début janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.
Marguerites à Montpellier, au début de janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.
Arbousier en fleur au Château de Restinclières (Hérault), mi-janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.
Arbousier en fleur au château de Restinclières (Hérault), à la mi-janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.

Comme vous savez que ce blog tourne aussi autour des Canaries et des îles, il faut souligner, quant à la chaleur, l’importance du phénomène planétaire El Niño en 2015-2016 et nous retrouvons des températures records à Tenerife et sur El Hierro en ce mois de janvier notamment aux aéroports. Ces derniers sont des localités qui sont traditionnellement fort bien suivies pour des questions de sécurité aérienne.

Amandier en fleur à la cathédrale de Maguelone (Hérault), fin janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.
Amandier en fleur à la cathédrale de Maguelone (Hérault), à la fin de janvier 2016. Cliché : A. Gioda, IRD.

 

 

Lac de Varèse : les glacières et l’année 2015 en Lombardie

 

En ce jour d’Epiphanie, je vous souhaite beaucoup de cadeaux, de rêves et une Grande Année 2016.
Toutefois, il m’a été difficile de vous adresser une carte postale enneigée même après avoir passé le Col de Larche (Alpes de Haute-Provence), à près de 2 000 m d’altitude, le 20 décembre. Aussi ai-je pensé aux glacières. Ces dernières évoquent souvent, par leur image et leur fonction, le Petit Age Glaciaire (PAG) en Europe et en Amérique du Sud et elles forment un beau contraste avec le climat de notre nouvelle ère, l’Anthropocène. Ici, ce sont les glacières remontant au XVIIème siècle de Cazzago Brabbia sur le Lac de Varèse, l’un des lacs de l’Insubria (en italien), la région historique lacustre du Nord de la Lombardie (mordant aussi sur le territoire du Piémont actuel et englobant le Tessin suisse). L’Insubria (dont le nom vient du peuple celte les Insubres dominant la Gaule Cisalpine) est fameuse pour le Lac Majeur et le Lac de Côme, deux des cadres du tourisme de luxe en Italie. Continuer la lecture