Japon : « Eloge de l’ombre », un bref essai de Jun’ichiro Tanizaki

 «  Eloge de l’ombre »  de Jun’ichiro Tanizaki est une lecture marquante de ma jeunesse, dans les années 70. Ce bref essai de 1933, était alors seulement disponible chez les Editions Orientalistes de France. Sa lecture explique peut-être pourquoi j’ai commencé à apprécier encore plus l’ombre, sachant que ma peau très blanche avait toujours craint le soleil.
Jun’ichiro Tanizaki l’un des écrivains majeurs du Japon du XXème siècle, explique bien que l’ombre y devient de plus en plus rare, avec l’occidentalisation croissante de son pays – depuis 1868 et donc l’ère Meiji. Il y a maintenant un culte de la lumière et blancheur par le biais de la recherche exacerbée de la propreté. S’effacent doucement du Japon, dans cette première moitié du XXème siècle, la lueur des bougies, la laque et métaphoriquement ses valeurs anciennes…
En Occident, on dirait que s’effacent le romantisme, le culte de la nature et du rêve dont l’émerveillement face au brouillard et aux cimes, le respect de la mort et le souvenir des Chers disparus. On ne retrouve l’amour de ces thèmes, au-delà de la mode gothique, que chez les plus jeunes qui sont toujours en quête du merveilleux et du surnaturel.

Très belle traduction de René Sieffert d’un texte publié pour la première fois en français en 1977. Vous l’avez compris : je vous le recommande chaleureusement. Pas cher car pas  épais. Aux EOF.

 

El Hierro : ombres et lumières du développement durable

Je suis rentré d’El Hierro ce mois de mars 2014 après une autre mission sur l’île.  C’était ma dixième, au moins depuis l’été 1991, sans compter quelques-unes sur les autres îles des Canaries et un séjour sur l’archipel du Cap Vert.

Quelles sont les ombres sur El Hierro ? De mon point de vue, il y a un retard préjudiciable et trois ombres ou trois problèmes sur l’île.

Le retard du démarrage de la centrale hydro-éolienne
Maintes fois reporté, son démarrage vient d’être encore renvoyé à l’été 2014. Toutefois les essais des turbines de la centrale hydraulique ont commencé en février dernier alors que les éoliennes sont déjà prêtes depuis largement plus d’une année.

Réservoir supérieur et parc d'éoliennes. El Hierro, mars 2014. © A. Gioda,IRD.
Réservoir supérieur de la centrale hydro-éolienne et parc de moulins (au 2ème plan et à gauche). El Hierro, mars 2014. © A. Gioda, IRD.

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Mimétisme et homochromie des attrape-brouillard

La nature prise tel un modèle, mimétisme et homochromie nous ont guidé, Carlos Recio, Arnaud Bouillon et moi, afin d’obtenir une large acceptation des attrape-brouillard dans des localités protégées et sensibles, ainsi les Réserves de la biosphère.

El Hierro : l’arbre fontaine imaginé dans l’Histoire

L’arbre fontaine d’El Hierro – le Garoé dans la langue des aborigènes Guanches – ne fut jamais croqué par ceux l’ayant vu entre 1405-06 (l’époque de la conquête de l’île par Jean de Béthencourt) et 1610 (l’année de son arrachage par une tempête). Il fut recréé puis finement dessiné par des artistes, des illustrateurs, des graveurs voire des scientifiques à partir de descriptions d’explorateurs, militaires, marchands et gens d’église. Le plus célèbre de ces observateurs du Garoé fut Bartolomé de Las Casas, missionnaire dominicain, évêque au Mexique et grand défenseur de la cause des Indiens au XVIème siècle, entre autres lors de la controverse de Valladolid.

El Hierro : l’arbre fontaine imaginé par les enfants

Camille Lassère Totchilkine, une jeune professeur de l’Ecole élémentaire Léo Malet de Celleneuve, village englobé dans la banlieue de Montpellier, m’avait joint, lors de l’année scolaire 2003-04, afin de travailler avec ses élèves au sujet l’arbre fontaine.  Ce sujet était paru en 2003 dans « Science & Vie Junior« , sous la plume du journaliste Pierre Lefèvre. J’ai pu conserver les prénoms et les noms des dessinateurs en herbe grâce aux bons soins de leur professeur des écoles : Hadjar Chadli, Emmanuela Fraisse, Léa François-Hage, Kamel Machkokot et Kevin Leffevre ou Pereira.

Les attrape-brouillard du projet européen Dysdera

Les attrape-brouillard : deux PME partenaires

Deux entreprises à caractère familial me témoignent, depuis de nombreuses années, leur fidélité afin de construire et de diffuser des attrape-brouillard pour recueillir de l’eau à des fins agricoles dans les zones arides.

Pour leurs filets, c’est Bouillon SA de Caudry dans le Nord. Cette PME avait fabriqué des couleurs de filets différentes telle la sable adaptée au désert de Fuerteventura aux Canaries.

 

Attrape-brouillard de NAC avec filets de couleur sable de Bouillon SA dans le désert du Morro Veloso, Fuerteventura. Projet européen Dysdera 2006. © Carlos Recio, NAC.

Pour la construction et l’installation des attrape-brouillard, c’est  Naqua qui est basée à Tenerife, toujours aux Canaries, et qui, encore il y a peu, s’appelait Natural Aqua Canarias.

Attrape-brouillard : deux PME partenaires
Attrape-brouillard installé avec le projet européen Dysdera en 2006. El Hierro. Cruz de los Humilladeros. ©  Carlos Sanchez Recio, NAC.

Natural Aqua avait été primée, en tant que meilleure PME des Canaries en 2008, par le concours national, organisé par la banque catalane La Caixa, sous les auspices du grand Ministère de l’industrie, du commerce et du tourisme espagnol.
Sa dernière opération en janvier 2013 a été l’installation des attrape-brouillard dans le parc « Las Cacelitas » sur l’île d’El Hierro, pas bien loin du réservoir supérieur de la nouvelle centrale hydro-éolienne.

Attrape-brouillard : deux PME partenaires
Attrape-brouillard de Natural Aqua Canarias installés par la société Tragsa dans le Parc « Las Cancelitas », El Hierro, janvier 2013. © A. Gioda, IRD.

Bonnes feuilles au-delà du développement durable

Des livres et un entretien récents puisque remontant à novembre 2011 pour les plus anciennes feuilles, que je vous encourage à lire.

Tout d’abord, il y a l’ouvrage de Gunter Pauli à propos de L’économie bleue (2011) qui est une commande du Club de Rome – ce dernier est fameux depuis son rapport de 1972  fait par le MIT  (Massachusetts Institute of Technology) dit rapport Meadows. Mais revenons à  L’économie bleue, l’ouvrage dans lequel  Gunter Pauli présente de nombreux succès d’alternatives dans le monde et notamment l’exemple d’El Hierro.

Ensuite, il y a le livre, publié en France en 2013, Réinventer le feu d’Amory Lowins, un des grands anciens des « Amis de la Terre » et sur la brèche des énergies alternatives depuis les années 1970.  Amory Lovins est  l’inventeur du concept négaWatt, mettant en avant la sobriété énergétique, qui a fait des émules en France avec l’association et l’institut homonymes. Maintenant il est l’un des promoteurs du carbone. Oui, mais de la fibre de carbone afin d’alléger tous les véhicules, pour qu’ils consomment beaucoup moins de carburants, pas de l’usage du charbon! Voici une de ses présentations orales récentes (en anglais).

L'utilisation de fibre de carbone est un bon moyen pour les véhicules du fait de sa légèreté, de faire tomber les émissions de CO2 par le gain de poids des 4 et 2 roues.
La fibre de carbone est un bon moyen pour les véhicules du fait de sa légèreté, de faire tomber les émissions de CO2  par le gain de poids des 4 et 2 roues. L’usage de certains biocarburants, tel l’E85 ou superéthanol, va dans le même sens. © A. Gioda, IRD.

Enfin, je vous recommande chaudement un travail, concernant spécifiquement la France, soit le nouveau livre de Jean-Marie Chevalier et de ses deux co-auteurs au sujet de La transition énergétique. Les vrais choix chez Odile Jacob, sorti à la fin de 2013. Continuer la lecture