Quand les dunes martiennes contournent les reliefs

Une belle et curieuse image réalisée par l’orbiteur MRO nous dévoile l’action du vent sur les dunes à la surface de la Planète rouge. 

C’est l’une  des dernières photographies de la surface de la Planète rouge proposées par la NASA. Obtenue grâce à la caméra HiRISE installée à bord de l’orbiteur MRO (Mars Reconnaissance Orbiter), elle fait beaucoup travailler notre imagination : ne dirait-on pas la mâchoire d’un prédateur marin ? La réalité est encore plus belle : il s’agit d’un champ de dunes poussé par le vent (venant de la gauche de l’image) qui a contourné une colline.

Une confirmation de ce que l’on savait depuis longtemps : sur Mars le vent sculpte les paysages et il peut même parfois souffler très fort.

Depuis que les télescopes terrestres sont assez puissants pour observer les détails de la topographie martienne, les astronomes ont assisté à plusieurs tempêtes suffisamment puissantes pour soulever d’importantes quantités de poussières et masquer les paysages durant plusieurs semaines. En 1971 une tempête se produisit lors de l’arrivée en orbite martienne de Mariner 9, obligeant la NASA à retarder le travail cartographique assigné à la sonde.

En plus de ces tempêtes spectaculaires il existe une grande variété de vents qui façonnent lentement le relief de la planète Mars. Les planétologues ont d’abord pensé que la visualisation de ces manifestations éoliennes demanderait du temps et se révélerait en comparant des images prises à plusieurs années d’intervalle. Ils ont découvert une action bien plus rapide ; des vents sont capables de nettoyer en quelques semaines la poussière déposée sur les panneaux solaires des astromobiles comme Spirit ou Opportunity et même d’effacer en moins d’un mois leurs empreintes de roues !

MRO est un orbiteur de plus de 2 tonnes installé sur une orbite polaire basse autour de Mars depuis plus d’une décennie. Sa caméra HiRIZE, qui ne cesse de nous fournir d’étonnantes images de la Planète rouge, est composée d’un détecteur de 14 CCD associé à un télescope de 0,5 mètre de diamètre pour une longueur focale de 12 mètres, ce qui en fait à ce jour la plus grosse caméra jamais embarquée sur une sonde spatiale. Sa résolution au sol peut atteindre 0,3 mètre depuis une altitude de 300 kilomètres.

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