Qui suis-je ?

Étrange question qu’on me pose ici ! J’ignore qui je suis et je serais sans doute effrayé de le savoir.

La physique est une discipline qui m’enchante parce que, d’un certain point de vue, elle exige de nous une grande créativité mais, d’un autre point de vue, elle révèle également quelque chose du réel qui n’est pas le reflet de nos seuls fantasmes. C’est cette articulation – et son constant rappel à l’humilité – qui me fascine.

Photo faite par Camille Graindorge
Photo faite par Camille Graindorge

J’ai commencé mon cheminement par un doctorat en astrophysique des hautes énergies à Paris. Puis j’ai eu la chance d’obtenir, juste à l’issue de ma thèse, un poste permanent d’enseignant-chercheur à l’Université de Grenoble où j’ai soutenu mon « Habilitation à Diriger des Recherches » sur la physique des trous noirs. Je travaille depuis lors, entouré de montagnes, au Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie du CNRS et je suis maintenant Professeur à l’Université Grenoble-Alpes.

Je collabore en ce moment activement avec l’Université de Stanford et j’ai été invité à deux reprises à l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques, puis à l’Institute for Advanced Study de Princeton.

Thématiquement, je me suis intéressé au rayonnement cosmique, et ensuite aux trous noirs et à la cosmologie.

J’ai participé à différentes expériences : astronomie gamma, rayonnement cosmique (avec l’instrument AMS sur la Station Spatiale Internationale) et cosmologie observationnelle (avec le télescope LSST actuellement en construction au Chili) et travaille également sur diverses questions plus théoriques : cosmologie quantique à boucle, champs quantiques en espace courbe, relativité générale, etc.

En résumé, je tente de m’intéresser à ce qu’on pourrait appeler « l’Univers noir » : trous noirs, matière noire, énergie noire. Et, bien-sûr, au Big Bang et à ce qui pourrait le remplacer en gravitation quantique ! En ce moment nous portons, en particulier, notre attention sur des modèles originaux dans lesquels l’Univers aurait connu une phase de contraction dans le passée et où, peut-être, le temps lui-même cesserait d’exister à « haute densité ». Cette question est intimement liée à celle de la structure des trous noirs.

Photographie faite par Lucile Bienvenu
Photographie faite par Lucile Bienvenu

J’ai publié – avec mes proches collègues – environ une centaine d’articles des recherche sur ces sujets, dans des revues à comité de lecture, et je suis expert (referee) pour la plupart des grands journaux internationaux dans mon domaine.

Articles de recherche

En parallèle, j’enseigne à l’université et en écoles d’ingénieurs. C’est pour moi un immense plaisir que je considère comme un honneur et un privilège. Mes étudiants sont souvent tellement formidables et m’apprennent beaucoup ! Récemment, je dépouillais leurs retours sur mon cours de licence et, sur la première fiche lue, était écrit « si tous les profs étaient comme vous, la fac, ça serait le paradis ». Naturellement, je prends cela avec le sourire et avec du recul mais ça m’a sincèrement ému. Pour moi, c’est plus précieux que les distinctions scientifiques ou les médailles reçues par ailleurs.

Enfin, puisqu’on me demande donc de me décrire ici en quelques mots, je m’intéresse beaucoup à l’art, à la littérature et à la poésie. J’ai écrit plusieurs essais et obtenu un doctorat de philosophie à l’Université Paris-Sorbonne.

Ces activités de recherche me comblent. Mais, en contrepoint de la dimension proprement scientifique, il faut aussi mentionner les magnifiques rencontres humaines qui ont été pour moi possibles dans ce contexte. Beaucoup de mes doctorants sont devenus de très précieux amis pour qui j’ai une estime sans limite et nombre de mes collègues m’ont durablement impressionné et influencé. J’ai pour eux tous une grande admiration et me considère comme très chanceux et honoré de les avoir croisé. Que soient ici remerciés tout ceux qui, comme le proposait Baudelaire de Wagner, « aux mauvaises heures, consolent d’être là », parce qu’ils osent affronter la complexité du réel avec courage et humilité.

12095066_901635133248501_3887459368128047948_o

Présentation sur le site de l’Université Grenoble-Alpes.

Brève interview sur le site de mon université.

15 réflexions sur “ Qui suis-je ? ”

  1. Vous apportez une grande clarté et une grande précision dans vos présentations (ouvrages et conf). Mais l’essentiel c’est que vous arrivez à faire partager votre plaisir et votre enthousiasme. Et ça nous donne envie de continuer et d’approfondir. Merci.

  2. Bonjour Mr Barrau,
    Je tombe sur votre blog en lisant un article sur futura-sciences.
    J’avais envie de vous écrire un petit mot, je suis venu vous écouter à Mons , sur les Univers multiples ,
    Ma démarche , est bien entendu d’essayer de comprendre le mystère de ce qui nous entoure , qu’est ce que l’on aimerait avoir une illumination , comme si l’on présentait quelque chose sans pouvoir le nommer.
    En tout cas merci pour votre clarté, et puis chapeau pour votre aisance de communication

  3. Une question qui me tarabuste, c’est la nature de l’espace. Les gravitons ; ok mais le vide autour, alors? Les ondes gravitationnelles, onde/particule? Et pourquoi pas l’éther? Comment les gravitons interfèrent-ils avec les autres particules, protons, neutrons…? Enfin, j’arrête là. J’aimerais juste votre réponse à « pourquoi pas d’éther », c’est à dire la nature de l’espace ; un continuum, plastique nécessairement pour transmettre des ondes éventuelles… Et si graviton, comment agiraient-ils. Merci de prendre qq minutes à me répondre 🙂

    1. bonjour Jean-Gustave .
      on est au moins deux à se demander ce qu’est l’espace (accessoirement le temps) ; ce que signifie ‘vitesse de la lumière’ ( % à quoi? à quel substrat?)
      voir mes questions restée sans réponses sur le blog ‘vient-on vraiment de découvrir les ondes g….’ ?

  4. Est-ce la poésie, qui vous a mené à la physique, ou l’inverse (à moins que la propriété ne soit réciproque). Quoiqu’il en soit la philosophie telle que vous l’exprimez semble être un enfant naturel des deux !

  5. Bonjour Aurélien !

    Je suis venue à l’observation astronomique par hasard, puis naturellement je me suis inscrite aux RCE de la Villette pour assister à quelques conférences choisies …
    C’est ainsi que j’avais sélectionné la vôtre pensant assister à une conférence classique et là devant l’énergie ahurissante, l’aisance intellectuelle déployée, la mémoire impressionnante de l’orateur,j’ai pensé :
    Ce n’est pas qu’ un Astrophysicien, ce n’est pas qu’un Philosophe, ce n’est pas qu’un Acteur …… Cet homme est une bombe, il communique par déflagrations et vous m’avez fait penser à Antonin Artaud sur lequel j’essaie d’écrire!…….
    Et justement, alors que j’y pensais, vous en avez parlé !……….
    Y a t il des hasards dans votre espace ou créez vous des champs de force, d’attraction ?/ A bientôt.

  6. Bonjour,
    j’ai assisté à votre conférence aux rencontres du ciel et de l’espace le dimanche 13 novembre; et j’ai acheté votre livre « des univers multiples; à l’aube d’une nouvelle cosmologie » -tirage mai 2016.
    Si le rayonnement fossile a été correctement rajouté page 69, il semblerait qu’il ait échappé à votre attention dès le début du livre dans le prologue, premier paragraphe, 1ère ligne!.
    On comprend que le satellite Planck porte à notre connaissance des détails sur les lois physiques qui régnaient quelques milliardièmes de milliardièmes de milliardièmes de secondes après le Big Bang.
    le mot « Au-delà » ne saute pas aux yeux et n’explique rien…
    Si vous pouviez corriger cette phrase ambigüe ce serait une bonne chose, car dès le début du livre j’ai été choquée…

  7. Bonjour,
    J’étais à votre conférence du 10 février 2017 à Martigues (Association M13) j’ai vraiment beaucoup aimé.
    J’ai lu dans votre blog de présentation, « récemment, je dépouillais leurs retours sur mon cours ….. il était écrit « si tous les profs étaient comme vous, la fac, ça serait le paradis ».
    Je comprend cette remarque, n’ayant pas eu la chance d’étudier, je la fait mienne.
    J’avais lu votre livre, « Big Bang et au-delà », peu de temps avant la conférence, ce faisant, j’ai eu l’agréable sensation d’entendre votre livre.
    Je recommande cet exercice ô combien plaisant.
    Dans votre livre vous nous livrez vos réflexions plus politiques, plus sociétales, que je partage aussi et qui prouvent si besoin, que les plus grands scientifiques on bien les pieds sur terre.
    Sans flagornerie, s’il vous plaît, continuer d’écrire, continuer vos conférences.
    Vous nous ouvrez, vous m’ouvrez à des mondes inconnus et mes jours sont plus beaux.
    Quand publierez-vous à nouveau ?
    Merci Monsieur Barrau.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

« Et le centre était une mo­saïque d'éclats, une espèce de dur marteau cosmique, d'une lourdeur défigu­rée, et qui retombait sans cesse comme un front dans l'espace, mais avec un bruit comme distillé. Et l'enveloppement cotonneux du bruit avait l'instance obtuse et la pénétration d'un regard vivant. » Antonin Artaud